Rang et richesse furent désormais les deux attributions du cuir et les grands de l'Histoire n'ont cessé d'utiliser les peausseries les plus belles, tel le duc de Bourgogne qui, au XIV ème siècle, tendait les murs de ses demeures de vastes peaux représentant de féroces animaux ou, un peu plus tard, Lous XIV qui décora le Château de Versailles de milliers de chaises recouvertes de cuir de vachette délicatement fini. Plus proche de nous, le XIXème siècle a vu nos voisins britanniques répandre l'usage du cuir dans la vie de tous les jours. Les sièges des premières automobiles étaient, bien entendu recouverts de cuir, les premiers compartiments des trains et les fameux canapés Chesterfield hissèrent le cuir anglais au sommet du raffinement et du confort. Ce cuir qui orne tellement d'objets depuis la nuit des temps, bien peu imaginent les multiples étapes qui succédèrent dans son élaboration. De la peau à l'objet, toute une série d'interventions, les unes techniques, les autres artistiques, sont nécessaires.Tout aussi méticuleuses les unes que les autres, elles destinent chaque catégorie de cuir à un usage particulier et lui confèrent ses caractéristiques propres : souplesse, résistances, imperméabilité. Les principes et techniques de base n'ont guère changé à travers les âges et l'on applique aujourd'hui encore des méthodes artisanales, transmises depuis l'aube des temps. Certes la mécanisation et la chimie ont permis des progrès notables notamment sur le plan de la qualité, mais les différentes étapes qui conduisent au cuir fini exigent toujours un parfait savoir-faire de la part d'ouvriers formés après un long apprentissage. La matière première de base est tout simplement la peau. On utilise surtout des peaux d'ovins et de bovins et en quantité beaucoup plus faible, celles d'animaux divers ( reptiles, poissons, oiseaux ). La peau, soigneusement prélevée sur les animaux, est appelée peau fraîche. Il s'agit d'un matériau très souple et riche en eau. Dans quelques jours ou quelques semaines, elle sera livrée au tanneur. D'ici-là, il importe de la traitée en vue d'assurer la conservation. La peau est donc lavée à grande eau puis abondamment salée. Dans certaine régions du monde où le sel est rare, on laisse simplement sécher la peau à l'ombre dans un endroit bien aéré. Ainsi débarrassée de son humidité, la peau est désormais appelée peau brute.
HISTOIRE DU CUIR
L'histoire du cuir commence depuis l'Homme de Néandertal qui, contrairement aux Esquimaux qui furent parmi les premiers à utiliser des peaux pour se protéger du froid, n'usait du cuir que pour confectionner vêtements, couches et abris . En fait, l'histoire des premières peaux tannées remonte à environ 70 000 ans avant Jésus-Christ, avec les hommes des cavernes qui découvrir le tannage par hasard . Mais c'est avec grandeur et mystère que le cuir fait véritablement son entrée dans l'histoire. En effet selon la légende, des tanneurs israélites recueillent les peaux des sacrificateurs du Temple, les tannent en rouge ou en bleu et fabriquent avec ces peaux d'agneaux une tente pour protéger le tabernacle de l'Arche d'Alliance. L'Égypte pharaonique adopte très tôt la peau tannée soit sous la forme de peau de buffle très épaisse que les soldats utilisent pour se protéger des flèches ennemies, soit sous la forme de sandales ou de ceintures que les riches Égyptiens ornaient d'or et d'argent selon leur rang. Dans leur soif de conquête, les Romains perfectionnent l'utilisation des peausseries épiassent pour fabriquer des cuirasses, l'étymologie du mot venant justement du terme latin " coreum " qui signifie cuir. Cette double utilisation du cuir tantôt pour sa solidité et sa résistance, tantôt pour son raffinement et sa noblesse se retrouvera à travers les siècles et persiste aujourd'hui encore. Le Moyen Age, période faste pour la fourrure dont la mode pousse les Seigneurs aux plus incroyables extravagances, va reléguer le cuir à la simple décoration ou aux chausses. Il est cependant un domaine où le cuir va prouver une nouvelle fois ses lettres de noblesse : la confection des écus des chevaliers. Du terme grec " scutos " ( le cuir ), l'écu était fait d'un cadre en bois de la forme d'une peau entière dont l'ajout de bandes de peaux teintes aux couleurs des hérauts symbolisait le rang et la richesse.
By Silvio
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